Don d'organes : qui est donneur ?
En France, le don d'organes et de tissus post-mortem est encadré par la loi de bioéthique. Le principe fondamental est celui du consentement présumé. Cela signifie que nous sommes tous considérés comme des donneurs potentiels, sauf si nous avons exprimé notre refus de notre vivant.
Le principe : "Qui ne dit mot consent"
Conformément à la loi, toute personne est présumée avoir consenti au don de ses organes et tissus après sa mort en vue d'une greffe. Ce principe a trois piliers :
- Le consentement présumé : C'est la règle par défaut. Il n'y a aucune démarche à faire pour être donneur.
- La gratuité : Le don d'organes est un acte de générosité et de solidarité. Il ne peut donner lieu à aucun paiement.
- L'anonymat : Le nom du donneur ne peut pas être communiqué au receveur, et la famille du donneur ne peut pas connaître l'identité du receveur.
Ce n'est donc pas à la famille de décider. L'équipe médicale a l'obligation de vérifier si le défunt avait, de son vivant, manifesté une opposition au don.
Comment exprimer son refus ?
Si vous êtes opposé au don d'organes, vous devez faire connaître votre volonté de votre vivant. Plusieurs moyens sont possibles :
- S'inscrire sur le Registre National des Refus : C'est le moyen le plus simple et le plus sûr. L'inscription est gratuite et peut se faire en ligne sur le site registrenationaldesrefus.fr ou par courrier. C'est ce registre que les équipes médicales consultent en priorité. Vous pouvez révoquer votre inscription à tout moment.
- Faire valoir son refus par écrit : Vous pouvez rédiger un document écrit, daté et signé, que vous confiez à un proche. Ce document devra être présenté à l'équipe médicale au moment du décès.
- Communiquer sa volonté à ses proches : Vous pouvez également simplement dire à vos proches votre opposition au don. Au moment du décès, l'équipe médicale leur demandera s'ils ont connaissance d'une éventuelle opposition du défunt. Ils pourront alors retranscrire par écrit le refus que vous leur aviez exprimé oralement. C'est pourquoi il est essentiel d'en parler.
Un refus partiel est-il possible ?
Oui, le refus peut être partiel. Sur le Registre National des Refus ou sur votre document écrit, vous pouvez préciser les organes et tissus que vous ne souhaitez pas donner (par exemple, refuser le don des cornées mais accepter le don des reins).
En l'absence de toute expression de refus, le consentement est considéré comme total, pour tous les organes et tissus pouvant être prélevés.
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